mardi 22 novembre 2011

Paris-Brest-Paris

Paris Brest Paris (par Alain Nizette) Tout passionné de vélo a entendu parler de Paris Brest Paris. Le plus grand brevet européen de cyclotourisme, 1.232 kms, 10.800m de dénivelé à parcourir en un temps maximum de 90h. Cette année, les 5 continents étaient représentés; 56 nationalités, 5.000 participants, 114 belges dont 6 cyclos de la province de Luxembourg. Manquait juste à l’appel André qui était blessé et qui a préféré se soigner pour ne pas aggraver la blessure. Rendez-vous le samedi 20 août pour le contrôle technique du vélo; ensuite direction Versailles, non pour son château mais pour son Campanile (à déconseiller en cas d’affluence attendue, mais ça, c'est une autre histoire…).
Pour moi, le départ est prévu le dimanche 21 à 18h. Après avoir attendu sous une chaleur accablante, j’ai la chance de pouvoir partir dans la première vague des 400 forçats de la route qui ont pour objectif de finir en moins de 90h. Ce départ à 18h me permet de trouver mes marques puisqu’il m’offre 3 heures de clarté avant la nuit. Celle-ci se passe en douceur et sans souci. Au lever du jour, 250 kms sont déjà parcourus. Les kilomètres défilent et la journée passe aussi vite que la nuit avec juste un petit coup de chaleur en début d’après-midi.
Lundi soir 21h, arrêt à Carhaix (530 kms) pour une courte nuit de 4h de sommeil. Départ à 2h du mat pour la fin de la première partie de ce brevet, direction Brest 75km. Avant de partir, je croise Alex qui, lui, revient déjà de Brest et continue jusqu’au contrôle suivant pour dormir un peu. Arrivée à Brest au lever du jour ; c’est la mi-parcours. Maintenant il faut retourner sur Paris. Drôle d’impression : je commence à croiser ceux qui prennent la direction de Brest. Un regard pour essayer de reconnaître une connaissance, une pensée pour ceux qui ont l’air d’avoir de plus en plus difficile à pédaler et qui ont un visage marqué par l’effort. Et puis, tout à coup, une figure connue ! Un grand signe à Albert qui lui, est bien seul dans ce long cortège de cyclos se rendant à Brest... La journée passe à nouveau sans problème ; dans l’après-midi un peu de pluie s’invite et disparait après quelques kms. Un temps idéal : pas beaucoup de vent et de la fraicheur, qui contraste avec la chaleur du départ. Mardi soir 20h30, arrêt à Tinténiac (860km) pour ma seconde nuit de mon périple. Départ à 2h pour ce qui est déjà ma dernière journée de ce PBP. Encore 380 bornes avant ce retour sur Paris. Un petit détour de 8km et une petite tendinite au pied vont agrémenter (hum hum) cette journée. La capitale est en vue, reste quelques kms et toujours ce monde qui, depuis le départ, est toujours en masse au bord de la route. Toutes ces personnes qui sont là, de jour comme de nuit, à nous encourager, à nous donner à manger, à boire,… incroyable !
Avec émotion, à 22h30, sous les acclamations de ce public omniprésent jusqu’à la dernière minute, je boucle ce brevet en 76h33. Ce temps-là, pour une première, c’est une bonne surprise pour moi ! Mais au-delà de l’aspect sportif, ce que je retiens surtout c’est l’expérience humaine : un accueil incroyable de tous ces quidams jalonnant le parcours, applaudissant, proposant des boissons ou de la nourriture et toujours avec le sourire. Celui-ci était également de mise à chaque contrôle où les centaines de bénévoles qui se sont relayés ont également contribué à la réussite de cette magnifique aventure humaine et sportive.
Alex Joris, d’une très belle régularité, est arrivé en 66h38, Philippe Gilson et Charles Perreaux en 78h08, Claude Nollevaux en 86h26 et Albert Daco en 92h42. Soulignons le manque de chance de notre ami Albert qui a perdu beaucoup de temps en raison du fait qu’il a cassé l’attache de son porte-bagages et a donc dû pendant longtemps avoir un autre but que d’avaler les kilomètres : faire du shopping ! Il a donc bien du mérite d’avoir aussi terminé ce PBP.
Nous étions donc 6 Luxembourgeois au départ et nous sommes tous arrivés au terme de ce Paris Brest Paris, épreuve qui a enregistré plus de 1000 abandons sur les 4 .998 partants. Autre fierté pour le Team De Lux : tous les participants aux brevets organisés par le TDL sont arrivés au terme de cette épopée 2011. Merci aux différents organisateurs de ces brevets, sans qui on n’aurait pas eu l’occasion de prendre le départ.

La Ronde Picarde

La der des ders, La Ronde Picarde (par le coach) Il faut profiter de son entraînement en altitude, et à 15 jours de la Haute Route qui vous a été contée par ailleurs, c’est le moment M. Coup d’œil au calendrier de René et contact avec ce M : On va à la Ronde Picarde. Vu la date tardive de la décision, c’est un peu tard pour prévenir les amis et trouver un logement. Ce sera un bungalow dans un camping près du Crotoy. Vendredi, fin d’après midi, on démarre et vu la distance et les bouchons, nous arriverons trop tard pour s’inscrire. Il faudra donc (pour la dernière fois de la saison) se lever tôt. Un sms de René, pour nous apprendre que l’année passée, le parcours avait changé et qu’il faudrait se méfier des dernières côtes, après la bifurcation des 2 circuits nous servira de couvre feu. Le samedi, pas d’échauffement vers Abbeville comme nous y avait habitué frère Tuck, mais le trajet en TDLmobile, puis file organisée pour s’inscrire ; ici ce sont des anglais et cela se voit. Les vélos sont prêts : boyaux, jantes profilées et K7 11/23, c’en est fini de la montagne et on va s’arracher, les conditions sont bonnes, soleil, chaleur et pas trop de vents. On se retrouve en arrière garde pour le départ, pas de TDL en vue. Marcel sur le petit parcours, moi sur le grand, nous avons 53tisé ce joli parcours. Pas de charmante épouse au sommet du mur d’Ault pour ravitailler, pas d’Alex pour nous prévenir des pièges de la route des sables et des changements de directions du parcours, mais des bons groupes pour traverser le champs de bataille de Crécy, où les archers anglais nikèrent les chevaliers français, puis pour endurer la chaussée de Brunehaut (ancienne chaussée romaine) toute droite en faux plat montant et vent de face sur 25km et enfin arriver à Eaucourt après quelques bosses. C’est le parcours habituel que nous avons tiré. Bon, si les résultats ne furent pas à la hauteur, les chtites bières avec Julien, retrouvé la ligne d’arrivée, nous réconfortèrent dans nos choix. Nous nous sommes donc autorisés un gargantuesque moule/frite/mayo pour clôturer la saison officielle. Bien que Julien envisage la Viking, Marcel et moi ne voyons plus que les fameux CLM TDL qui eux, finiront officieusement 2011.

Championnats du monde cyclosportifs

Compte rendu d’une déconvenue (par Jerôme Defays) Dimanche 11 septembre 2011, 10e anniversaire des attentas des Twin Towers… et aussi 1ère édition des championnats du monde cyclosportifs (qui se révèleront plutôt être Amateur-Masters). Pour y participer, à travers 3 continents, 7 épreuves qualificatives étaient organisées durant la saison sous l’égide de l’UCI (en Australie, Etats-Unis, Slovénie, Suisse, Portugal et en Belgique au Gran Fondo Eddy Merckx à Huy). Cette finale « championnats du monde » se déroule donc à Stavelot où seront décernés différents maillots arc-en-ciel en fonction des catégories d’âge. Bref, chouette objectif à relever avec la qualification au mois de juin (où je décroche mon ticket de peu) et le championnat en septembre (qui s’annonce éprouvant au vu de la qualification et du tracé). Donc nous voici dimanche 11 septembre. · 11h30, le temps est on ne peut plus belgico-estival (10° et il pleut averses…) en cette fin de matinée sur Stavelot. · 12h00, retrait des dossards et me voilà parti pour rejoindre le box du départ des catégories 16-29 et 30-34 ans. Entre temps, miracle, la pluie cesse, les routes s’assèchent : je vais passer une belle après-midi. (Je le pensais encore à ce moment-là) · 13h30 heure du départ, Erwin Vervecken nous annoncent que le départ sera repoussé de 30min. En effet, le temps maussade a mis au tapis tellement de coureurs dans la finale des + de 50ans qu’aucune ambulance n’est disponible afin d’assurer notre sécurité. Rassurant… mais les routes continuent de sécher : chouette. · 14h00, nous voilà partis. L’ensemble des coureurs n’ont pas l’air nerveux et nous restons prudents lors de la traversée de Stavelot direction Trois-Ponts. Je vais parcourir un bout de chemin avec Eric, environ 40km qui seront avalés en 1h. Je suis obligé de l’abandonner à la faveur de la première difficulté du jour « L’ancienne barrière ». Je me sens pourtant bien, les jambes tournent, le cœur monte, mais trop. Ils sont fous ces coureurs : +/- 30km/h dans une côte de 5km à 6%. Les machines à l’avant sont beaucoup trop fortes pour moi. A la pédale, je dois lâcher prise. Kilomètre 50, je m’apprête à effectuer les 60 derniers kilomètres seul. En effet, lors de la deuxième côte, je commence à sentir des crampes. Je gère très mal mon effort. Je m’alimente et m’hydrate de bien plus piètre façon. Je suis en train de le payer. Au niveau de la Haute-Levée, je dois encore réduire mon effort. Nous voici au kilomètre 80 au Col du Rosier, je gère comme je peux. Lors de l’avant dernière difficulté de la journée, la côte d’Aisomont, je me fais doubler par quelques coureurs "assez large". Moralement, c’est dur. Dernier supplice du jour, le Stockeu. Là, obligé de forcer sur les pédales, les crampes tirent de partout dans les deux jambes. Physiquement, c'est la fin. Des personnes me poussent afin que je puisse basculer au sommet tant bien que mal. A 200m, des pavés finissent de m'achever. Une fois la ligne d'arrivée franchie, les crampes m'empêchent de descendre du vélo. On me donne un coup de main, impossible de bouger, atroce. Après 25 minutes, les crampes ne stoppent pas. Deux infirmières arrivent avec une civière et me voilà parti pour une petite visite touristique de Stavelot. Le centre ville et sa place des Blancs-Moussis restent néanmoins magnifiques. Voilà 40min que j'ai passé la ligne d'arrivée, je quitte la tente de la Croix-Rouge, m'en vais prendre une douche et retourner vers Vonêche.Bilan : 107km, 1900m d+, 3h24min. Vu le niveau et ma forme du jour, je ne pouvais de toute façon pas faire mieux que 3h15 toujours loin derrière les machines.

dimanche 11 septembre 2011

La Charly Gaul

Par José la science
La Charly Gaul 2011,une sacrée journée. Départ de chez moi,06h20. 06h15 arrivée de Francis,il est avec Patrik et Alain,véhicule avec une petite remorque. Je suis prêt et mon vélo doit aller sur la dite remorque et c'est alors qu'il est constaté qu'il manque le vélo de Patrik un nouveau canyon. Cata,panique,immédiatement Francis fait le chemin St Pierre Anloy vainement,pas trace du vélo. Venait également avec sa voiture JF un petit nouveau,qui allait pour une première faire 100km. Je vais avec lui vers Echternach,les autres demi tour.Toutefois Alain allait refaire à vélo la route empruntée. Nous sommes aux inscriptions et par GSM peu audible que les 3 compères venaient à Echternach faire ce 100km de malheur. Départ,je passe sur le tapis et je vois les 3 copains. Inscriptions clôturées,ils décident de rouler le 100km avec moi. Heureux,ils me disent que le vélo à été retrouvé par Alain à Recogne.En fait un habitant à entendu la chute vélo,il est allé voir et à mi l'engin contre la porte de son garage et Alain en passant à pu le voir.Il était quasi intact. J'ai donc roulé avec les amis comme un pro,dans les roues ravitaillé.29kmhr de moyenne alors que j'étais venu pour rouler à l'aise 23...24. Pour le plus étaint également sur cette cyclo,Jean Pol,Phillipe et Jérôme. JF pour sa prémière était heureux 31kmhr de moyenne. En épilogue,une bonne auberge pour refaire cette acrée journée.Du malheur au bonheur..........Joss
Récompense d'après course pour Jérôme ;)

La Midi Libre Cycl'aigoual

Par Boris Albert
Pas de Criq. pour moi cette année à cause ou grâce à des vacances dans le sud de la France. En compensation, je décidai de participer à la cyclosportive Midi Libre Cycl'aigoual dont le départ se situe à environ 130 km de mon lieu de villégiature. Sabrina est contente car au lieu de raccourcir les vacances pour se faire rincer à la Criq., on prolonge de 2 jours ... Dimanche 28 aout, 6h45, départ direction Meyrueis, petite ville située au coeur du parc national des Cévennes au pied du Mont Aigoual (1567 m). Après environ 2h de virages (pour faire 130 km !) ... arrivée sur place, inscription et retrait de la plaque. 2 distances sont proposées : Parcours Fenioux 167 km (3100 D+) ou Parcours Quézac 112 km. Sans trop m'attarder sur le profil du parcours, j'opte pour la longue distance en me disant que le relief assez doux du massif central devrait normalement me convenir. Départ à 9h30, météo ensoleillée mais fraiche (10°). Peu de monde sur la ligne, une bonne centaine de cyclistes tout au plus, ça promet ... Mon inquiètude grandit au milieu de ce peloton de nudistes (jambes rasées) à l'accent méridional. C'est parti, la route s'élève rapidement, le rythme s'accélère, je suis déjà dans le rouge ... difficile de trouver un groupe de son niveau avec si peu de monde. Après environ 40 km et 2 cols, un groupe de 15 se forme sur le plateau du Causse Méjan (succession de petites bosses dans un paysage magnifique et désertique avec une altitude variant autour des 1000 m). Pas besoin de privatiser les routes, les voitures sont quasi inexistantes, seules les motos de la course viennent troubler cette nature intacte. Il faut dire que nous roulons dans une région où la densité de population est une des plus faibles d'Europe.
Revenons à nos moutons car ça roule et ... il faut s'accrocher pour rester dans le groupe. Après 2 petits cols et une longue descente de 20 km vers Le Vigan, nous entammons la principale difficulté du jour, la montée vers le Mont Aigoual. Nous sommes encore une dizaine, il reste environ 45 km mais mes jambes commencent à donner des signes de fatigue. Un compère marseillais, certainement intrigué par mon maillot TDL, m'avertit amicalement qu'il fallait gérer car le plus dur commençait avec des passages frôlant les 20% ... Trop dur pour le "gros" de Villance (comme dirait le retraité d'Arville), en effet sporténine, coup de fouet ... rien n'y fait, je suis terrassé par une maudite crampe. Dans l'obligation de lever le pied, je franchis le sommet seul dans la douleur. Un dernier p'tit coup d'oeil sur l'Aigoual déjà escaladé à VTT une dizaine d'années auparavant lors de la traversée du massif central avec mon compère de l'époque Patrick Moucq. Les 30 km restants ont un profil descendant et me permettre de me refaire une santé. Après 6h15' d'effort, je passe la ligne d'arrivée sous les acclamations d'un public chaleureux. Résultat : 44ème Faible participation sur le grand parcours : 74 classés sur 120 inscrits certainement dû à une porte horaire imposée par l'organisation. Environ 300 inscrits sur le petit parcours. Une bonne douche + repas local puis retour maison (plutôt camping...). Finalement un très beau parcours avec des paysages à couper le souffle. Une organisation conviviale, à taille humaine comme je les aime. A refaire ...

lundi 8 août 2011

Grand Fondo Giordana

Frère TUCK et moi-même sommes partis le WE dernier (25/26 juin) pour la Cyclosportive italienne GRAN FONDO GIORDANA dans les Dolomites, anciennement dénommée la MARCO PANTANI. Une petite Marmotte comme dirait l’aigle de Rameldange. Nous sommes arrivés vendredi soir après avoir roulé 800 bornes, dont les 150 derniers en 3 heures. Retrait des dossards samedi : Oh surprise en voyant que j’étais inscrit dans la catégorie WOMEN (W3) : vî femme di pu 50 ans. Qwai fé !!! ne rien dire, couper ma moustache et jouer le podium ? René me dit ‘’si tu vas sur le podium, t’as pas intérêt à y aller en cuissard, sinon ce sera louche’’. J’arrête de fabuler et reviens à la raison en corrigeant ma catégorie M6 : les vî homme di pu 50 ans. Départ dimanche 7h30 sous une tempête de soleil (comme dirait Riccardo) … On aura chaud cet aprem, dans le Mortirolo.Le lieu de départ est APRICA, petite station de ski à 1176 M. Plus de 2000 inscrits sur les 3 parcours. Nous sommes bien sûr inscrits sur le LONGO (175 km – 4500 M annoncés). Le départ est donné sous une tempête de gros confettis lancés sur la ligne de départ…génial On descend 17 km sur une petite route étroite en serpentin. Tout le monde est groupé et on ralentit sans arrêt. Heureusement c’est moins nerveux qu’à la Charly. Après 38 km on est déjà au pied du GAVIA. C’est un col magnifique que j’ai déjà monté à la Transalp 2009 mais dans l’autre sens. La fin est caractérisée par une route très étroite sans protection du précipice et nous devons traverser un tunnel d’1 km, non éclairé habituellement et dont la pente est proche de 10%. Le GAVIA c’est 17 km à 8% de moyenne (15 max) et au niveau difficulté, c’est l’équivalent d’un bon Ventoux côté Bédoin. Après une descente de 50Km, nous arrivons à MAZZO au pied du Mortirolo. Ici commence l’enfer … et les Transalpiens 2011 ont déjà confirmé sur leur blog : 12 km – 10,5% AVS – 3 passages à 18% sur plusieurs centaines de mètres. Le col n’est même pas beau … tout est boisé et on ne voit rien. Je me rappelle d’un passage à 5,4 km/h au compteur, cadence à 40 avec les puls correspondant à mon max de la journée. On est soulagés de rouler sur des portions à 10% pour pouvoir souffler un peu… je ne me rappelle pas d’avoir fait quelque chose de si dur … à faire une et une seule fois dans sa vie. Après cela, 10 km sur les crêtes avec quelques tapes cul qui me provoque des crampes aux deux cannes. Descente de 15 km vers APRICA (départ) et on repart pour une boucle de 20km incluant le col San CRISTINA (7km – 8,5% avs – 16% max). Le vainqueur est en dessous de 30 de moyenne, ce qui prouve bien que Marc (l’aigle de Ramedange) avait raison sur la difficulté du trajet (une petite Marmotte).Retour lundi, bien fatigué, avec plein des souvenirs en tête. A faire une fois dans sa vie. Lance From Remich.

mercredi 3 août 2011

Etape du Tour - Acte 2 (la vraie, la longue)

Etape du tour Mondovélo 2011 Acte II Issoire-Saint-Flour La fable des 7 petits cochons
209 km, 3900 de dénivelée dans le cantal, victoire de Sanchez, maillot jaune pour Voeckler chute et abandon de Vino et de VDB dans la descente du Puy Mary…… Pour cette nouvelle édition, le TDL avait prévu de venir en force, pas moins de 10 membres avaient coché cette étape sur le calendrier. La veille du départ, ils étaient 7, 7 petits cochons. Quatre avaient été élevés dans les Alpes, sur les pentes du Stelvio et du Mortirolo, vous connaissez leur épopée. Vu le terrain moins montagneux qu’à l’habitude, ils s’étaient adjoints en renfort un bon petit cochon ardennais, Alain, puis Patrick, un colosse d’Alost, croisé à Majorque et qui avait gagné ses galons sur la Marmotte l’année passée et sur la José Cambrai cette année. Dans l’aventure, il y avait aussi ce vieux cochon de Liège, élevé au pain blanc, le bon Marcel. La logistique, extrêmement complexe pour cette cyclosportive en vacances et en ligne enfin réglée (des qui reviennent de vacances et de l’acte I, des qui partent vers des cieux plus chaleureux, des qui y vont et reviennent, une arrivée à 90 km du départ,… bref un remue méninge de dieu le père), nous dégustions le dernier repas civil la veille au soir.
Seul point noir et non des moindres, les conditions climatiques varient et on annonce de la pluie pour le lendemain matin, et un peu plus froid que ce jour, mais bon, on vient du nord. Un petit cochon dans un hôtel **** avec chauffeur privé nous retrouverait au départ, les six autres logeaient dans un clapier à lapins (formule 1) à 7 km du départ par autoroute (mais 13 par de petites routes de montagne). Ce clapier n’eut pas l’air de plaire au vieux petit cochon d’Arville qui dès le réveil officiel (5.45 !!) ressemblait plus à une puce en chaleur qu’à un vieux cyclosportif, il couinait partout que l’on ne l’y verrait plus. Cela n’eut pas l’air de plaire au grand cochon gaumais qui ne put faire sa grande commission avant le départ, ce qui n’eut pas l’air de plaire à ….personne d’autre. Les autres petits cochons en pleine forme comme le plus dandy d’entre eux,
refusèrent l‘échauffement et c’est ensemble qu’ils prirent l’autoroute pour aller calmement vers la ville départ, sous une petite pluie qui devrait rassurer les pèlerins. 5000 inscrits, 4000 présents, chacun des petits cochons rejoint son sas, où malgré l’espace, on est comme des sardines (à l’eau). Le grand gaumais est dans le sas 2, le cochon de Rammeldanche, emmanché dans des sacs poubelles dans le 3 avec les cochons borquins. Patrick, le colosse d’Alost en tenue d’été et Alain d’Arville dans le 8, le cochon de Liège dans le 10. Il pleut toujours.
N’allons pas par quatre chemins (c’est bien fléché) et ne mettons pas les petits plats dans les grands (il n’y avait pas de plat), ce fut une boucherie : les conditions climatiques du massif central, ce n’est pas de la bibine. Départ de 3 en 3 minutes pour chaque sas et vogue la galère. Durant les 42 premiers km, légèrement bosselés, c’est dans un gros paquet que l’on progresse sous une pluie fine et un vent de face, bien sûr les passages à niveau, par ce temps, occasionnèrent quelques chutes pour les plus étourdis. Km 42 : première grosse bosse et cela pète de tous les côtés, Marc le cochon ailé de Rammeldanche me salue comme tous les jours de la transalp et part en avant, le vieux cochon d’Arville reste derrière, je le sens proche. Au sommet, là où on pourrait s’attendre à une descente avantageuse, on tombe sur un faux plat de 20km, avec une pluie qui se transforme en grêle et un vent qui devient tempétueux de ¾ face. Bien sûr, peu prennent le relai ; seuls quelques anglais et ceux qui ont réalisé un stage en bord de mer en février commencent à tirer des cartouches. A ce jeu, la progression est lente et on commence à voir des cyclistes qui rebroussent chemin, avec le vent, eux ils filent. Km 56 : sur le bord gauche de la route le premier petit cochon jette le gant et lève un doigt. Ici il ne nous signifie pas qu’il passe la ligne en premier TDL, comme à la transalp, mais qu’il est le premier à se diriger vers une bonne casserole chaude, nous ne le reverrons plus. Dès le faux plat avalé, au sommet du col du Balladour, j’entends une symphonie de petites clochettes dans une brume blanche : est-ce l’entrée dans un monde meilleur ? Non, c’est un troupeau de vaches qui s’affolent à voir autant de petits cochons grelottants. Quand on imaginait un peu moins souffrir, c’est le grelottement que l’on attrape dans la descente. Des trajectoires irréelles, des freinages aléatoires et nous arrivons au premier ravito. Km 68 : le peloton du grand cochon gaumais, riche de 50 unités, s’arrête comme un seul homme et entre, de leur plein gré, dans une boucherie, autour de la rôtissoire à poulet de 6 semaines, nous ne le reverrons plus. Le troisième des cochons, le colosse d’Alost, la peau bleuie par le froid et le vent, met un pied à terre, et comme il ne trouve pas d’Orval sous la main pour se réchauffer, il met le deuxième aussi. Il échappera aux bus et rejoindra l’arrivée par le chemin le plus court pour nettoyer son vélo à l’aise. Dès ce ravito passé, c’en est fini des gros paquets, on avance par petits groupes, on a échappé à la première épreuve et déjà perdu la moitié de l’effectif. La progression continue avec des visions loufoques, des cyclos prenant d’assaut une camionnette de poulets, les traitants de tous les noms d’oiseau pour profiter de la chaleur du fourgon, des cyclos qui rentrent dans tous les abris, du garage aux caves des maisons ouvertes. Km 102 : voilà le pied du col le plus haut de l’étape. Seuls les deux derniers km grimpent vraiment. Après avoir laissé passer les 2000 premiers compétiteurs, la maréchaussée bloque la course. « Non cela devient trop dangereux, circulez dans les bus », « si vous y allez, il y aura des morts ! ». C’est ainsi que le cochon de Liège, après la dure réparation d’une crevaison se fit prendre à son tour alors qu’il tenait une forme éblouissante et une couche de gras indispensable pour survivre. Lui et les suivants durent se diriger vers une maison communale non chauffée et attendre plus de deux heures une navette pour l’arrivée car vous savez que dans les campagnes, quand 4000 cochons gambadent, les transports en communs peuvent être légèrement surchargés. Au sommet, emprisonné dans un brouillard à couper au couteau, un panneau et des gendarmes qui distribuent le canard local (qui annonce les premières chutes de neige) pour glisser sur le thorax dans la descente, il fait 4° ce 17 juillet ici. En se souvenant de Vino et vu les conditions climatiques, les trois petits derniers cochons ne dépassèrent pas leur limites mais ne purent admirer les virages dangereux, vu le brouillard.
Et ainsi, nafnaf, noufnouf et nifnif continuèrent le chemin. Dans notre esprit, seul passer la ligne serait la victoire du jour. Et les côtes, et les fausses côtes, et les grimpées se succédaient. Au pied du dernier col, Gérard le pig-boy des alpes, le berger français de la transalp nous attendait avec un pti coca et ses encouragements, assez surpris d’avoir vu passer son vieux coiffeur avant les cochons verts élevés aux glands d’ardennes (ce vieux coiffeur étant parvenu à passer ente les mailles de la maréchaussée et des plus difficiles cols de la journée, comme tant d’autres que nous rattraperons dans les derniers km). Merci à toi l’ami. Et merci à tous ces spectateurs qui nous applaudirent du premier au dernier. Ici les routes étaient vraiment privatisées et on ne vit pas de voiture de presse et donc, pas de chute dans les barbelés. Derniers km, le soleil se lève enfin. Dernière bosse, je me laisse aller et profite des encouragements, de l’ambiance, comme un qui aurait beaucoup d’avance et ne jouerait pas le général. Mais juste derrière en sprintant et en vain, nifnif ne finit pas premier TDL pour 1 seconde (une revanche de l’année passée ?)
A la suite, Alain passa la ligne et les trois seuls petits cochons d’Ardenne furent essorés par les vivats et les embrassades de leurs compères. Sur la ligne d’arrivée, on assiste à une grande distribution de couverture de survie, on se fait aborder par des familles qui croient voir en nous leur époux, leur parent…. Par des photographes cherchant le choc des photos. On pourra toujours dire, on y était, on en est revenu !! Et la morale de cette fable, ben il y en une : Nifnif, rien ne sert de sprinter, il faut rouler à temps, et morale des morales : Faites du vélo !! http://www.velo101.com/cyclosport/article/[video]-letape-du-tour-acte-ii--3513